Les listes de vie

Depuis quelques temps, on dirait que les gens tentent de plus en plus de s’organiser. Et maintenant, une vieille technique émerge. Il s’agit de l’art de faire des listes.  Voilà une passion que j’ai toujours eue. Il n’y a rien de tel que  de s’assoir, prendre une feuille de papier et classer ses idées et ses choses à faire. Et puis, on se sent si bien après!

Mais maintenant, la mode n’est plus aux banales listes d’épicerie, mais aux liste de vie, ce qui est beaucoup plus difficile à faire. Essentiellement, il s’agit de se demander ce qui nous tient vraiment à cœur et qu’est- ce qu’on aimerait se voir réaliser avant de mourir. Et voilà, on a notre liste de vie, il suffit de l’écrire. Ensuite, il faut déterminer les étapes à suivre pour réussir à atteindre nos objectifs, et tranquillement, on arrive à échapper au train-train quotidien pour faire ce que l’on a le plus envie de faire.

Pour m’amuser cette fin de semaine, je me suis soumise à l’exercice. Après une bonne heure de rétrospection (est-ce le bon terme?) je suis arrivée à cette conclusion:

  • Marier Clément, mon amoureux
  • Avoir des enfants avec lui
  • Devenir journaliste
  • Publier au moins un livre
  • Nager avec les dauphins (c’est cucu, mais c’est comme ça)
  • Apprendre à peinturer
  • Devenir parfaitement bilingue ou trilingue
  • Avoir un grand garde-robe ultra organisé
  • Faire des scrapbooks de mes souvenirs de voyages
  • Apprendre à faire de la photo
  • Faire le grand écart et/ou la split
  • Voyager (plusieurs fois) en Europe

    Moi au spectacle de l'école de cirque de Verdun en 2009

    Moi au spectacle de l'école de cirque de Verdun en 2009

  • Aller faire de la plongée en Amérique du Sud
  • Apprendre à dessiner
  • Se faire des soirées entre copines
  • Faire un vrai spectacle de cirque (je fais du tissu aérien)
  • Voir le Japon
  • Avoir un chalet
  • Être heureuse, quoi qu’il arrive
Publié dans : on 28 février 2010 at 3:40  Commentaires (1)  
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Skrishta, la promise aux yeux verts

Je vous présente ma petite fierté.
La jeune femme s’avanca la tête haute, mais le coeur meurti de chagrins et d’obscures pensées fatalistes. Dans ses vêtements qui ne seraient jamais les siens, elle appréhendait ses malheurs prochains tout en retenant ses larmes. Mais pour une fois où elle était si belle, même si ces parures n’étaient qu’illusoires, ce n’était pas le moment de tout gâcher avec un flot de larmes.
Elle était vêtue d’une robe vert émeraude. La volupté et le doux mouvement de la robe laissait croire que la jeune femme nommée Skrishta  flottait. Malgré l’ampleur de sa robe, on pouvait discerner ses petits seins et ses hanches à peine tracées. Ses bras nus offraient aux yeux de tous une peau brillante, couleur caramel. À ses poignets effilés se trouvaient de lourds bracelets de zéphyrs, de quartz ou encore d’amétyste, entourés d’argent, d’or et d’autres pierreries. Ses bijoux pendants près de ses mains mirroitaient le soleil à son zénith de cette journée de juillet. Ses longs doigts délicats pourvus d’ongles judicieusement décorés se balançaient faiblement près de ses hanches, les effleurant du bout du doigt.
La foule regardait Skrishta gravir une à une les hautes marches sacrées, en s’extasiant sur sa fine silhouette découpée de jeune femme à peine mûre, savais réaliser que le principal de la

photo de Marie-Ève Bergeron, chez Diem Phtography

photo de Marie-Ève Bergeron, chez Diem Phtography

beauté de la jeune femme leur échappait, à savoir le regard poignant de la jeune fille. Celui-ci semblait refléter le défilement d’une vie entière Derrière ses yeux embués d’eau, mais dont elle ne laisserait pas s’échapper une seule goutte par honneur, se trouvait un mélange complexe d’émotions que trahissait son regard. De la peur profonde et véritable qui vous laisse sans voix et immobile, jusqu’à la colère de l’injustice de ce monde incompéhensiblement chaotique, en pasant par la tristesse altière des cygnes noirs, tout en Skrishta bouillonnait, se bousculait.

Elle ne se comprenait plus, ne commandait plus ses actes. Elle aurait voulu se libérer de cette ascension infernale qui ne pourrait la mener qu’à sa perte, mais en était incapable. Elle aurait voulu courir en sens inverse, vers une destinée chatoyante de promesses, mais c’était comme si elle s’était détachée de son corps qui ne lui appartenait plus désormais. Ni à elle, ni à personne. Ailleurs, son esprit la regardait de haut, redoutant le pire.

Ses iris verts clairs se tournèrent vers les gens qui étaient venus la voir, et elle eut le vertige en voyant la mer de personnes s’étendre aussi loin.

Arrivée en haut de l’autel, le vertige la frappa soudainement de plein fouet. Chancelante, elle se rendit jusqu’au dernier endroit qu’elle ne verrait jamais. Un prêtre, armé de ciseaux, s’approcha d’elle. Elle tressaillit, et, ne pouvant plus lutter contre le bouillon à grands remous qui s’agitait en elle, pâlit. Rapidement, le prêtre lui coupa ses cheveux à raz la tête et Skrishta dû se retenir de plus belle pour ne pas verser une larme devant sa chevelure fluide qui couvrait ses pieds nus.

On la tira ensuite de force vers l’autel où on la coucha. N’ayant plus la force de se débattre, la promise d’un quelconque dieu païen s’affala sur son tombeau. Elle sentit la lame déchirer ses chairs, disséquer son corps. Dans un ultime effort de survie, elle leva les yeux, simplement pour prouver qu’elle vivait encore. Elle vit alors le prêtre brandissant à bout de bras son cœur qui continuait de battre, s’accrochant à la vie de toutes ses forces.

C’est à peine si elle entendit le tonnerre de cris qui s’élevait de la foule Maya qui, gloutonne, ne pouvait se repaître d’un seul sacrifice de vierge ce jour-là.

Le sang avait coulé à flot sur sa robe maintenant trempée de sang noir. Sa vue s’embrouillât, les sons devinrent confus, puis inaudibles, et finalement, après une pénible agonie, tout s’évanouit.

On jeta le corps de Skrishta à la fosse et l’on fit venir la prochaine malheureuse vierge. Ce jour-là, les Mayas avaient faim de sacrifices pour leurs dieux mécontents. La récolte avait été mauvaise.

Publié dans : on 27 février 2010 at 10:47  Commentaires (1)  

Les Symphonies du langage

Les noms sont un peu comme des partitions de musique. Parce que quand on y pense bien, les noms, nous les chantons, nous les prononçons, nous les disons haut et fort. De cette même manière, on pourrait considérer un texte récité comme une véritable symphonie. Mais j’ai le sentiment que les noms ont quelque chose de différent. Puisque c’est caractéristique de la personne, cette partition musicale (ou autrement dit, le prénom) a une plus grande importance auditive que n’importe quoi d’autre qui pourrait représenter une personne. En général, La première chose que l’on demande chez quelqu’un, c’est quel est son prénom. Pour lui mettre une sorte d’étiquettte. Nous assistons donc au premier jugement subconscient de l’homme face à un autre individu. La première impression est donc souvent basée sur votre nom. Ensuite vient votre allure, votre personnalité, votre intonation de voix et toutes ces petites chose qui font d’une personne l’être qu’elle est. Certains noms sont agréables à entendre tandis que d’autres le sont moins. Parfois les noms se veulent tellement originaux et tellement poétiques que cela les rends aussi insupportables à entendre qu’une mélodie macabre d’ongles sur un tableau noir.

Ton nom, lui, me rend dingue. Sa simple vue ou sa simple évocation dans un chuchotement presque inaudible suffisent à faire fondre mon esprit de toute pensée logique. Mon ventre dans la tarentelle, mon pouls s’accélère mes jambes flageolent, mes mains contractent, ma bouche s’étire en un immense sourire, mes orteils se pointent, suivis de près par le reste de mon pied jusqu’à la cheville, mes cils battent frénétiquement et ma gorge se serre. Mais ce n’est que le début. Ce n’est que lorsque j’entends ton nom. Par contre, quand je le prononce moi-même… c’est n’est plus du tout la même chose. À ce moment, ça devient plus une question de sensations et de frissonnements. J’aime le claquement de ma langue contre mon palais au début de la prononciation, suivi du frottement de ma langue l’arrière de mes incisives., pour finalement terminer par le son, la note principale de ton nom, ta mélodie personnelle. Prononcer ton nom est pour moi l’orgasme de la symphonie du langage.
Publié dans : on 27 février 2010 at 10:28  Commentaires (1)  
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Scène d’été: une courte fiction

C’est une fête foraine comme toute les autres. Colorée et joyeuse, ponctuée de bien des rires d’enfants. À l’exception de ceux qui, désillusionnés et pleurant toute la rage de leur cœur pour l’espace d’une petite peine de deux minutes, sachant qu’ils ne goûteraient plus le goût de leur glace avec délectation car ils ont échappé cette fraîcheur sur l’asphalte dure et sans pitié, couverte de poussière. Mais ces petits marabouts ne forment pas la majorité, soyez rassurés. En fait, dans cette fête foraine tout va bon train. La grande roue roule et roule.. elle grince un peu, bien entendu, mais pas de quoi alerter personne. Les balançoires virevoltent au gré du vent. Les manèges se dévident de leurs richesses pour s’emplir à nouveaux de petits trésors admirés par leurs parents, la larme à l’œil et la caméra levée, prêts à rendre immortel le premier manège de leur bout-de-chou. Finalement ces manèges recommencent leur rapide ascension dans les airs, sous les cris d’effroi et de bonheur de leurs passagers.
C’est l’été.
Publié dans : on 27 février 2010 at 10:21  Laisser un commentaire  
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Fariboles.

Et puis voilà. Pour une fois, je n’ai pas grand-chose à dire. Attention! Ne pas confondre « n’avoir grand-chose à dire» avec «n’avoir rien à dire» car la est la toute petite nuance qui fait toute la différence (veuillez apprécier cette rime incontournable) et qui peut déterminer de l’avenir d’une vie, dépendant de quel avenir on escompte.
Moi, en tant que future journaliste, je me suis promis à l’âge de six ans, que, pour le restant de mes jours, j’écrirais, encore et toujours, inlassablement, à en avoir le bout du nez couvert d’encre et les yeux qui louchent d’avoir trop fixé de près cette feuille de papier griffonnée de bas en haut. Les feuilles vierges, j’en ai peur. C’est une feuille pleine de potentiel, mais pourtant. avec laquelle on ne fait.. rien. Alors c’est pourquoi je m’efforce de combler ce vide d’encre sur ces très fines tranches d’arbres, teintées de blanc.
Je m’ennuie de lire aussi souvent qu’avant, je m’ennuie d’écrire aussi souvent et de griffonner deux ou trois jolies phrases dans mes cahiers, durant mes cours. On dirait que je n’y penses plus. Non. C’est pas exactement ça. C’est plutôt que j’y penses, fort fort fort.. tellement fort que lorsque vient le temps de l’écrire sur une feuille, j’ai tout oublié et j’écris carrément autre chose.
Cet article s’adresse à moi et à moi seule, et je ne voit pas du tout comment vous feriez pour y trouver votre compte de drôleries et de révélations sur la vie. Non. Cet article, on pourrait le considérer comme une légère analyse de l’état cervical de l’humain qui l’écrit.
Le nombre de blogs sur skyrock augmente de un à toutes les secondes. C’est énorme. Combien y a-t-il d’humains sur cette terre en ce moment? Des milliards. Et vous, moi, votre grand-mère, votre voisine et puis mon ami, on en est qu’un seul. C’est pas beaucoup. On représente bien moins qu’un pourcent des humains sur cette terre. Mais on a tous une vie entière. Alors quand on pense au fait que tout le monde sur cette terre a une vie, une histoire, des joies, des peines des douleurs, des pertes, je me dit que la terre esst bien forte de nous supporter tous. Et pas seulement les humains. Mais aussi les animaux, les plantes, les vivants unicellulaires que personne n’a jamais vu des ses propres yeux sans l’aide d’un microscope.
L’autre jour, en anglais, on a fait un texte descriptif sur un aquarium (enfin, c’est le sujet que j’ai choisi.) et puis je crois que j’ai rarement été aussi inspirée de ma vie. L’eau ça me fascine. Et je trouve qu’on devrait en profiter un peu plus. L’eau c’est tellement beau.. tellement essentiel. C’est un nouvel univers sous terre, qui s’enfonce dans les profondeurs, dans les abysses noires. Et puis, à sa surface, c’est clair, c’est calme, on dirait parfois qu’on pourrait marcher dessus sans problème. L’eau c’est trompeur. Parfois, c’est aussi déchaîné et enragé, pris de convulsions extérieures brutales. Mais ce n’est que la surface. Il ne faut pas se fier aux apparences.
Le monde est tellement fantastique. Il y a tellement de choses que je veux faire avant de mourir. Je crois que je vais faire une liste parce que sinon… je vais gaspiller mon temps. Mais le temps, il n’y en a pas tellement. Et puis, il faudrait que je fasse une liste des livres que je lis. Pour m’en souvenir et sourire une autre fois, le coeur léger.
Je t’aime, le sourire aux lèvres, les joues qui s’en déchirent, les yeux qui pétillent, le nez qui frémit, et le fameux frison intérieur qui est partout et nulle part à la fois.
Publié dans : on 27 février 2010 at 10:07  Laisser un commentaire  
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